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Il y a quinze ans, l'Europe, à travers l'Agence Spatiale Européenne (ESA), entrait dans l'exploration spatiale de la planète Mars, avec la mission Mars Express. Lancée de Baïkonour, au Kazakhstan, le 2 juin 2003, pour opérer durant une année martienne (un peu moins de deux années terrestres), Mars Express, conçue comme « petite mission », poursuit toujours ses opérations, avec succès !

Par-delà les prouesses technologiques et programmatiques que cette longévité traduit, Mars Express constitue l'une des missions les plus fécondes et réussies de l'exploration spatiale du Système Solaire, avec plus de 1100 publications, très largement citées (plus de 25000 citations). Pour autant, c'est surtout au niveau de changements majeurs de paradigmes que Mars Express joue un rôle qui se révèle historique, principalement par la qualité des instruments embarqués : ils ont permis, pour la première fois, de caractériser de manière couplée l'ensemble des enveloppes martiennes, depuis la très haute atmosphère, jusqu'à la surface et au sous-sol. Cela a permis une réécriture de l'ensemble de l'histoire de Mars, des échelles de temps géologiques et climatologiques aux variations séculaires, modifiant en profondeur notre compréhension des processus responsables de son évolution. Pour ne prendre qu'un exemple, Mars Express a mis en évidence l'existence d'une ère ancienne, très peu de temps après sa formation, durant laquelle Mars a pu connaitre des conditions favorisant la stabilité d'eau liquide à sa surface, qui aurait pu permettre « l'émergence » de structures vivantes. L'identification et la localisation de sites en préservant, jusqu'à aujourd'hui, les propriétés majeures, guide l'ensemble des missions d'exploration in situ qui ont suivi, et en particulier celles d'intérêt astrobiologique, Mars 2020 (NASA) et ExoMars (ESA).

Les laboratoires français, soutenus par le CNES, ont joué un rôle très largement reconnu comme fondamental. Principalement, trois instruments de Mars Express ont été développés sous responsabilité française : 2 d'entre eux ont un PI français (OMEGA développé sous la responsabilité de l'IAS en coopération avec le LESIA, et SPICAM au LATMOS), l'autre étant en partage de responsabilité (ASPERA dont le CoPI est à l'IRAP). Des équipes françaises sont impliquées dans l'ensemble des investigations de Mars Express. Au total, ce sont 8 laboratoires français (GEOPS, IAS, IPAG, IRAP, LATMOS, LESIA, LMD, LPGN) qui participent, pour certains quotidiennement, à l'exploitation scientifique de la mission.

La mission Mars Express devrait être à nouveau étendue. Une mise à jour logiciel majeure a permis en effet de rajeunir le satellite*. Cette jouvence constitue un jalon opérationnel majeur pour la mission, car elle permettra peut-être à Mars Express de perdurer jusqu'au milieu des années 2020.

* Après l'activation réussie du nouveau logiciel chargé sur la sonde le 16 avril, suivie d'une série de tests en vol, Mars Express a repris ses opérations scientifiques le 27 avril. Le nouveau logiciel, développé par l'ESA, était nécessaire pour compenser les gyroscopes vieillissant du satellite, qui mesurent la rotation de Mars Express sur l'un de ses trois axes. Depuis le 16 mai, le vaisseau spatial a fonctionné avec ses gyros pour la plupart désactivés. La mise au point définitive du nouveau logiciel aura lieu au cours des prochains mois."

L'ESA en parle aussi : http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/Mars_Express/From_horizon_to_horizon_Celebrating_15_years_of_Mars_Express

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