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Etre ou avoir une bonne étoile ?

Lorsqu’on écoute Sarah mentionner la chance qu’elle a eue à tel ou tel moment de sa vie, on se dit qu’elle a sans doute une bonne étoile. Lorsqu’on entend son énergie et son implication, on comprend que son travail compte pour beaucoup dans ses succès.

Elle est libanaise, naît à Beyrouth et y grandit. Dès toute petite elle apprend le français et l’anglais. Elle suit une scolarité sans heurts et pratique également des activités sportives et musicales, mais c’est la voix de la raison et le pragmatisme auquel l’invitent ses parents qui la font privilégier les sciences.

Elle entre à l’université américaine de Beyrouth où elle obtient une licence de physique. L’image du physicien qui mène ses expériences dans un laboratoire remplit d’instruments séduit depuis toujours cette jeune femme.

Elle poursuit par un Master qui est peut-être son premier pas vers le Latmos puisqu’elle s’inscrit dans une spécialité en sciences de l’environnement, s’intéressant à l’étude de la qualité de l’air. A son terme c’est sans se poser de question qu’elle envoie une candidature spontanée à Cathy Clerbaux lui présentant son projet de thèse.

Est-ce l’audace dont elle fait preuve qui lui permet, invitée à Paris, de décrocher un entretien ? Est-ce l’intelligence de son approche qui vient parfaitement s’accorder avec le projet IASI pour un sujet de thèse ? Ou est-ce la simplicité de cette jeune femme humble qui sait occuper sa place avec justesse qui séduit Cathy ? Sarah ne le précise pas. Elle est retenue et vient s’installer en France.

Elle se souvient avec nostalgie de ses années de thèse au LATMOS, de l’ambiance internationale qui régnait sur le campus de Jussieu où elle a noué des amitiés qui comptent encore pour elle aujourd’hui. « Nous nous retrouvions le vendredi soir au bar l’Inévitable entre thésards et post-doctorants ».

Elle aborde son parcours d’après thèse comme « normal ». « Comme tous les thésards » elle part à l’étranger pour un premier post-doc « j’ai eu une journée pour mettre toute ma vie dans une valise ». C’est avec une certaine fierté qu’elle installe son bureau au MIT pendant deux ans.

Une fois son contrat terminé elle n’envisage pas le repos mais boucle à nouveau promptement ses bagages pour un autre post-doc. Retour au Latmos, retour dans l’équipe IASI. « J’avais envie d’être de ce côté de l’Atlantique pour me rapprocher de ma famille et de mes amis ».

Cathy Clerbaux l’encourage à préparer le concours de chargée de recherche du CNRS dès la première année de son retour, sans se poser de question, parce que c’est formateur, parce que c’est une expérience enrichissante, parce qu’on ne l’a pas du premier coup. Elle adhère aux aspects positifs de cette démarche et se l’approprie en se présentant astucieusement dans une section pluridisciplinaire du CNRS.

Elle se prépare avec rigueur et détermination car elle aime maîtriser son sujet et est passionnée par son travail. Elle répète beaucoup sa présentation orale et se souvient avec reconnaissance de la présence et des conseils de l’équipe IASI, des membres de l’équipe TROPO et de Philippe Keckhut, alors directeur du Latmos.

Après sa soutenance de concours elle sent qu’elle a donné le meilleur d’elle-même et son intuition ne sera pas démentie à l’annonce du résultat. Son objectif de lier les données satellites pour confronter l’agriculture et le climat obtient une place dans le paysage du CNRS.

La joie de ce succès, inattendu au regard des errances que d’autres connaissent avant de décrocher enfin un poste, est temporairement assourdie par la prise de conscience que ce commencement est aussi une fin. Même si elle a travaillé sans relâche avant d’en arriver là, elle mesure tout à coup qu’elle est entrée dans une vie d’adulte et ce succès apparaît comme en étant la preuve ultime.

C’est à nouveau Cathy qui va l’encourager, la rassurer, lui démontrer que ce qui semble être une ligne d’arrivée est surtout un point de départ.

C’est tout ce qu’il faut à Sarah pour percevoir un nouvel horizon et poursuivre son parcours dans la sérénité. Toujours avec la même implication, toujours avec la même motivation. Une chose a changé pourtant. Aujourd’hui elle aspire à réguler son ambition pour harmoniser sa vie personnelle et sa vie professionnelle qu’elle souhaite équilibrer.

Sarah est recrutée en janvier 2019 comme chargée de recherche en section 52 du CNRS. Elle aime la musique et le sport. Elle aime être à l’écoute de sa famille, partager avec ses amis et ses proches qu’elle voit aussi souvent que possible « le Liban n’est pas très loin, ce ne sont que quatre heures et demi de vol ». 

sas trombinette