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La matière organique des comètes est-elle celle des Diffuse Interstellar Bands ?

Vendredi 2 février 2018 à 14H

Salle de l'Atelier, Observatoire de Paris

Jean-Loup BERTAUX, LATMOS, Université de Versailles Saint-Quentin

L'analyse des poussières du noyau de la comète 67/P montre qu'elles
sont constituées presque pour moitié de grosses molécules organique
(en masse, 45\% organique, 55\% minéral, Bardyn et al. 2017).
Nous suggérons que ce sont les mêmes molécules qui produisent,
dans le milieu interstellaire (ISM), les absorptions diffuses
dans les spectres stellaires (DIBs, Diffuse Interstellar Bands).
Ces grosses molécules qui provoquent les DIBs étaient certainement
présentes dans la parcelle d'ISM qui s'est condensée pour former
le proto-systéme solaire. Nous suggérons qu'elles se sont
conservées dans le processus de formation du noyau cométaire.
Selon le scenario établi par Davidsson et al. (2016) et fondé
sur de nombreuses preuves recueillies au cours de la mission
Rosetta il s'agit d'une accrétion hiérarchique douce, partant
des grains interstellaires en plus gros grains, jusqu'à la
taille actuelle du noyau. A l'inverse, la grande variété d'une
comète à l'autre du rapport D/H dans la glace d'eau montre que
celle-ci a dû se sublimer au moment de la formation du système
solaire, et donc également le manteau glacé des grains.

Nous appuyons notre suggestion sur des arguments quantitatifs et
qualitatifs. D'une part une estimation du rapport matière
organique/minéral (dérivé de l'analyse des DIBs) d'au moins
RISM=0.32, à comparer à environ 0.8 pour la comète (hors glace).
D'autre part le sondage des nuages interstellaires montre que
quand la ligne de visée s'approche du centre, les absorptions par
les DIBs plafonnent, alors que le gradient de la loi de rougissement
dans l'UV augmente, signe de présence des très petits grains.
Les molécules organiques pourraient s'agglomérer pour participer
à la formation des grains qui se retrouveront dans le nuage
primordial puis la comète. Cette conclusion implique qu'une mission
de retour d'échantillon cométaire aurait de l'intérêt non seulement
pour les comètes, mais aussi pour le Milieu Interstellaire.

Responsable des séminaires du LERMA : Jean-François Lestrade
(01 40 51 21 37 ou This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.)

2018 02 confbertauxlerma